Pokhara, le 26 mars 2007

Autour des Annapurnas


C’est l’un des plus célèbres circuits de randonnée au monde pour la diversité des paysages rencontrés et la richesse culturelle qu’il offre, au rythme d’une quinzaine de jours de marche. Normalement sans grandes difficultés techniques, trois jours de tempête de neige ininterrompus, dès 2000 mètres d’altitude, auront complètement changé la donne et bien corsé notre parcours. Tombée sur plus d’un mètre d’épaisseur, la neige était verglacée le matin, puis se transformait en véritable « soupe » l’après-midi, rendant notre progression difficile et parfois dangereuse, aux vu des nombreux glissements de terrain et avalanches rencontrés. Temps inhabituel à cette époque de l’année, on grimpait vers les colosses de glace dans l’incertitude de pouvoir franchir le fameux col du Thorung La, à 5418 mètres. Un guide pourra-t-il ouvrir un passage ? Déjà, certains groupes renonçaient, la question était sur toutes les lèvres et créait une solidarité toute particulière entre trekkeurs. L’occasion de sympathiser avec des Hollandais, des Québécois à l’accent et l’humeur joyeux - Tabernacle ! - et des Suisses francophones - On y va ou bien ? -. Préoccupation (et occupation) de chaque soir dans les auberges : se réchauffer autour du poil à feu et faire sécher chaussures et chaussettes, bonjour les odeurs... Avec là-dessus un bon gros steak de yack pour ceux dont l’estomac le permettait encore, bon appétit ! C’est à 4000 m, logé à flanc de falaise que nous avons rendu visite à ce moine de 91 ans, pour une bénédiction très émouvante. Forts des bons présages de notre ascète, nous repartions à l’attaque de nos Annapurnas, malgré le froid de plus en plus cinglant et les difficultés de l’altitude. Nos efforts allaient être récompensé, le col fut miraculeusement ouvert, nous offrant un spectacle à couper le souffle sur un océan de pics enneigés, baignés d’une lumière surréaliste, quel ravissement ! La descente fut longue et harassante, nous rêvions alors d’une paire de ski ! Nous laissions progressivement la neige derrière nous, pour retrouver les cultures en terrasse des villages où les gamins la morve au nez et des mamies toutes fripées nous accueillaient tout sourire. Nous voulions ensuite rallier le camp de base de l’Annapurna et prolonger le plaisir des hauts sommets, malheureusement nos plans furent stoppés par une stupide chute de ma part. Victime d’une légère entorse au genou, il fallait encore trois jours de marche, les dents serrées, pour rentrer à Pokhara, où nous nous sommes consolés avec un vol inoubliable en parapente. Toute la chaîne de l’Annapurna Himal s’offrait alors à nos yeux éblouis, promesse d’un appel de la montagne, nous reviendrons !

Guillaume & Charlotte

P.S. : Pour ceux qui voudraient faire ce trek, sachez que la construction d’une route entre Pokhara et Jomosom à coup de pioche et de dynamite, défigure complètement le sentier, rendant cette portion sans aucun intérêt. On ne peut reprocher à cette région de vouloir se moderniser, mais nous déplorons une fois de plus une extrême pollution par les déchets plastiques laissés à l’abandon partout dans la montagne. Il est urgent de sensibiliser la population locale (et certains touristes qui n’ont toujours rien compris) à cette destruction de notre patrimoine écologique.




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