Les environs de Chiang Mai, le 15 décembre 2006

« Roule ta bosse »


Casques vissés, en selle. Allumage, « klong » : Première enclenchée, c’est parti mon kiki, Guigui envoi la purée ! Seconde, troisième en zone rouge et mon permis serait déjà de l’ordre du souvenir en France... Chut, ne dites rien à Sarko, mais après neuf mois d’abstinence, j’ai enfin pu « essorer la poignée » ... Bon sang, ça fait du bien ! Rien de sexuel là-dedans, rassurez-vous, vous ne vous êtes pas trompé de site Internet. Nous avons tout simplement loué une moto afin de découvrir la région nord-ouest de Chiang Mai en solo. Pai, Mae Hong Son, Mae Chaem, trois jours de pure aventure à enrouler les virages au travers des montagnes sur 800 Kms, alternant asphalte parfaite soudainement criblée de nids de poules, à carrément plus de route du tout, quand ce n’était pas de la piste poussiéreuse ou du passage à guet. Nos p’tites fesses ont adorées ! Un peu maso ces deux la vous dites-vous ? Certainement, mais surtout mordus de moto et de la liberté qu’elle nous offre d’improviser au gré des rencontres et elles furent nombreuses ! Impossible de tout vous raconter en détail, mais on retiendra les traversées de villages d’ethnies montagnardes, où l’accueil a toujours été très chaleureux au moment d’une pause, et les autochtones saluant d’un signe de la main notre passage le long des rizières et bananiers. Sur certaines routes de montagne, on se serait cru en Suisse, ambiance fleurie et bucolique... Il ne manquait plus que la vache Milka pour clore le tableau. Ça tombe bien, avec les buffles en plus, les vaches étaient bien de la fête... S’il y a une Mecque du périple à deux roues, amis motards ne cherchez plus, c’est ici !

La meilleure surprise fut Pha Bong, où un simple arrêt par curiosité pour ses sources chaudes se transforma en longue pause massage nous décourageant à reprendre la route. Aucun hôtel dans ce village perdu, qu’importe, la petite hutte de bambou au fond du jardin fit bien l’affaire, après une soirée mémorable partagée avec les locaux tout fiers d’en découdre à la pétanque contre des p’tits français ! Impossible de refuser bières et verres d’alcool de riz relevés à la sauce soja, leur générosité était sans borne et leur gentillesse infinie, un vrai moment d’authenticité au rang de nos meilleurs souvenirs en Thaïlande.

Pour les moins bons en revanche, c’est la visite d’un village Karen, minorité ethnique de réfugiés politiques birmans, qui nous a laissé perplexe. En effet, c’est dans ces tribus que vivent les femmes-girafes, dont le cou est allongé par une succession d’anneaux métalliques. Le gouvernement thaïlandais qui à la base leur prête refuge, à tôt-fait d’exploiter cette particularité physique au pouvoir très attractif. Leur statut de réfugié leur interdisant de cultiver la terre, ces femmes sans source de revenu n’ont pas d’autre choix que de se plier à ce spectacle de voyeurisme forcé. Et du gâteau touristique, elles ne reçoivent, bien sûr, que les miettes. Sachant cela, nous avons été encore plus choqués du comportement des groupes de touristes asiatiques se bousculant pour être pris en photo avec l’une de ces bêtes de foire. Pardonnez l’expression, mais c’est vraiment le sentiment que l’on a eu. Et lorsqu’ils en ont eu fini avec ces pauvres femmes, figurez-vous que c’est sur nous que ces braves touristes se sont jetés pour nous tirer le portrait, sans même nous demander notre avis ! Nous étions loin de l’image que l’on se faisait de ces tribus perdues aux abords de la Birmanie. Et oui, le tourisme devient malheureusement une activité de plus en plus périlleuse pour qui veut rester dans la morale, on en reparlera plus tard au Cambodge...

Guillaume & Charlotte




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